Notes sur l’article:
Tomaso Venturini, « From Fake to Junk News, the Data Politics of Online Virality. » Didier Bigo, Engin Isin, Evelyn Ruppert. Data Politics: Worlds, Subjects, Rights, Routledge, 2019
en préparation pour l’intervention :
Tomaso Venturini, “Retour sur les cycles de l’attention : analyse temporelle de la désinformation en ligne”, Séminaire du LISIS et Master Data Science et Société Numérique (D2SN)
Résumé : Venturini tient tout d’abord à nuancer l’expression « fake news », qui est utilisée pour désigner plusieurs types d’informations. Parmi les nombreuses définitions que l’on peut trouver des « fake news », la majorité se focalisent sur le contenu et son degré de véracité. Au contraire, Venturini montre que l’aspect viral est l’élément clé qui détermine si une information devient ce que l’on appelle communément du « fake news ».
L’article explique le fonctionnement de plusieurs phénomènes liés à la circulation de l’information sur Internet. De l’économie du clique au trolling, tout est finalement une compétition qui se livre pour l’attention des internautes. Ce contexte donne à comprendre que la « relayabilité » (spreadability) d’une information fait partie intégrante de sa valeur et constitue le point de départ pour la viralité, condition indispensable de la propagation du « junk news ».
L’article conclut que la « junk » information serait la conséquence de conditions économiques, médiatiques, technologiques, culturelles et politiques qui, toutes réunies, accélèrent les dynamiques pré-existentes de variation et de reproduction qui caractérisent notre vie collective.
Finalement, l’analyse de Venturini remet en question le cadre du traitement des informations jugées comme fausses. Il suggère que le système de la viralité est un système d’information parallèle à celui des producteurs d’information traditionnels, et donc que la solution contre la désinformation doit se déployer en dehors des moyens de communications officiels.
Question : Faut-il combattre le trolling par du contre-trolling ?
Remarque : Le texte de Venturini approfondit les remarques faites par D. Cardon lors du dernier séminaire sur la tournure sensationnaliste que peut prendre le débat autour des « fake news ». Le scandale de Cambridge Analytica serait finalement aussi infondé que la supercherie d’Orson Wells.