La plateforme Recherche.data.gouv.fr, pierre angulaire de la politique nationale d’ouverture des données de la recherche formalisé par le second Plan National pour la Science Ouverte, a été inaugurée le 8 juillet 2022. Voici quelques notes prises lors de l’événement.
Voir le replay : https://www.canal-u.tv/chaines/rdg/inauguration-recherche-data-gouv-un-ecosysteme-au-service-du-partage-et-de-l-ouverture
Les interventions successives au cours de l’événement ont présenté les enjeux de l’ouverture des données de la recherche et la volonté des pouvoirs publics d’apporter du soutien et de répondre aux besoins des communautés de recherche. Des représentants de structures porteuses de plateformes labellisées ont aussi été invités à partager leurs retours d’expérience, servant d’exemples de raccord entre des initiatives locales et le projet d’infrastructure national qu’est Recherche.data.gouv.fr.
Mot d’accueil et contextualisation
La présidente de l’université Paris Cité, Christine Clerici, a introduit la séance en rappelant les principaux enjeux de la science ouverte, en insistant sur le renforcement du lien science-société et l’augmentation de la capacité à produire une recherche originale et disruptive.
L’accroissement de l’accessibilité et l’ouverture sont également nécessaires à l’amélioration de la qualité, de l’efficacité, de la transparence, et de l’éthique de la recherche et de l’innovation.
Elle est ensuite revenu sur certains éléments de contexte liés à l’implémentation de la science ouverte sur la plan national. Malgré des complexités disciplinaires connues qu’il s’agit de vaincre, la science ouverte bénéficie à la fois d’une volonté nationale, institutionnalisée depuis la mise en place du CoSO, et d’un soutien européen.
S’appuyant sur l’expérience de l’INRAE en matière d’entrepôt de données et visant à rejoindre le travail mené au sein de l’espace virtuel européen de gestion des données de la recherche European Open Science Cloud (EOSC) Portal, la nouvelle plateforme Recherche.data.gouv est une plateforme unique et simple destinée à recevoir l’ensemble des données issues de la recherche publique.
C’est un outil devant faciliter l’organisation et la sauvegarde au quotidien du tournant numérique de la recherche. Il doit permettre aux chercheur.e.s d’œuvrer sereinement tout en veillant à leur souveraineté numérique.
La piste d’une future mutualisation des infrastructures afin d’arriver à joindre Recherche.data.gouv avec d’autres initiatives telles le Health Data Hub a été émise.
Présentation générale de la plateforme (vidéo)
La plateforme Recherche.data.gouv répond au besoin manifesté par les communautés de recherche en matière de soutien à la gestion des données, qui représente une charge de travail critique pour les chercheur.e.s.
La plateforme est structurée en 5 piliers :
- Les Atelier de la données : services labellisés à proximité géographique des laboratoires de recherche.
- Les Centres de référence thématiques qui diffusent des bonnes pratiques et des standards
- Centre de ressources qui proposent des services en ligne et des formations
- Catalogue de données pour le repérage et le signalement des données afin de les relier à d’autres entrepôts ouverts
- Entrepôt pour toutes les données de la recherche
Un grand pas pour la politique publique de la donnée
La séance s’est poursuivi avec l’intervention de Laure Lucchesi, Directrice d’Etalab qui a qualifié
Recherche.data.gouv de “grand pas pour la politique d’ouverture et de partage de données publiques”. Elle rappelle que cette politique existe depuis une dizaine d’années, mais qu’elle connaît un coup d’accélérateur en 2021 avec la circulaire demandant de nommer des administrateurs de données, des codes sources et des algorithmes dans les ministères et de porter des feuilles de route ministérielles et une gouvernance interministérielle.
Les liens entre la recherche et les politiques publiques sont mis en avant, notamment avec le constat que la politique open data grand public s’est beaucoup inspiré de la démarche et des pratiques de la recherche en science ouverte. En effet, les données publiques sont mises à disposition en reprenant les capacités d’évaluation, d’analyse et de remise en question dans un esprit de transparence en vue d’une amélioration de la reproductibilité des actions du gouvernement.
Outre sa vocation à devenir un hub sectoriel pour les données de recherche, la mise en place de la plateforme Recherche.data.gouv matérialise une vision d’écosystème et de co-construction portée par les acteurs y prenant part.
Quelques enjeux clefs de la plateforme sont évoqués comme la création de valeur économique et sociale et le maintient du leadership de la France en matière d’Open Data.
Retours d’expériences des porteurs de projets labellisés
Suite aux premières interventions, l’événement s’est poursuivi avec une série de retours d’expériences de la part de plusieurs porteurs de projets labellisés ayant intégré la plateforme Recherche.data.gouv.
Le projet dat@UBFC / dat@OSU
Sylvie Damy, maîtresse de conférence à l’université de Bourgogne-Franche-Comté, porteuse du projet dat@UBFC et co-porteuse du projet dat@OSU a fait des retours concernant ce projet labellisé d’accompagnement à la diffusion des données de recherche devenu portail de l’université Bourgogne-Franche-Comté : Dat@UBFC.
Après un mot sur la trajectoire professionnelle et le contexte institutionnel dans lequel est né ce projet, Sylvie Damy a insisté sur le rôle structurant des communauté autour des outils et des données pour la concrétisation du projet, notamment le réseau bases de données du CNRS, le collectif Bancariser Ensemble les Données (BED).
Les structures métiers ont été importantes pour le partage de bonnes pratiques et la remise à niveau de différents publics, ce qui a finalement permis la mise au point d’un outil de création de bases de données, qui a débuté comme un projet de mise en exposition des données.
Le point d’accroche pour les chercheur.e.s se fait par le biais de la valorisation de leurs données qui seront d’autant plus accessibles et réutilisables qu’elle seront ouvertes. Ouvrir ses données c’est mettre en place des bonnes pratiques pour l’amélioration de la qualité des données et la publication des données vaut publication et donc reconnaissance pour les carrières des chercheurs.
La COMUE UBFC a demandé d’étendre le portail aux sept établissements qui la composent. Développement de services d’accompagnement, de sensibilisation et de formation. Travail avec les services communs de documentation. Nouveau portail ouvert début juillet 2022.
Sylvie Damy souligne que le travail en équipe a été décisif pour mener à bien ce travail.
La plateforme Open Data de l’INRAE
Carole Caranta, directrice générale déléguée Science et innovation de l’INRAE, est intervenu sur l’engagement de l’INRAE de longue date dans la science ouverte désormais intégré au plan d’action. Cet engagement ne s’arrête pas à la diffusion des données de recherche mais aussi à l’ouverture de la recherche à la société et sur les écosystèmes de l’innovation ouverte.
Depuis plus de 15 ans, l’INRAE travail avec les problématiques techniques et de compétences pluridisciplinaires lié au “déluge” de données environnementales. Contribuer à Recherche.data.gouv fait partie des actions phare du plan d’action de science ouverte.
Contribuer à la plateforme Recherche.data.gouv est une opportunité pour l’INRAE de :
- développer des services plus riches et évolutifs par la mise en place d’une sécurisation plus robuste,
- mettre en place l’adoption de bonnes pratiques au sein des communautés,
- répondre à des besoins de pérennité de ces infrastructures,
- découvrir les données des autres acteurs de l’écosystème,
- répondre aux enjeux de visibilité des données françaises au niveau européen et international en se connectant à EOSC.
Le CNRS participe aux divers ateliers de la données labellisés
Antoine Petit, président-directeur général du CNRS, a félicité toutes les parties-prenantes de Recherche.data.gouv qui ont relevé le challenge de réaliser la plateforme en moins d’un an, ce qui a été possible grâce à la participation de l’INRAE et de nombreux partenaires.
- Développer une culture du partage et de la gestion des données basé sur les principes FAIR
- Se doter d’un plan des données de la recherche lancé en 2020 qui s’appuie sur une gouvernance spécifique
La direction des données ouvertes de la recherche (DDOR) qui réunit les problématiques de la science ouverte, de calcul intensif et des données de la recherche. Permet de travailler en prenant en compte des spécificité des disciplines, et sur la gouvernance transverse des données.
Les cas d’usage permettent d’acculturer toutes les chercheuses et chercheurs.
Positionnement de 5 grandes infrastructures dans l’écosystème sous tutelle du CNRS:
Co-Pilotage 2 centres de ressources:
Hélène Boulanger (présidente de l’université de Lorraine)
Collectif de collègues qui fédèrent les dynamiques des sciences ouvertes qui font muter des activités de recherche et d’enseignement
création de HAL univ Lorraine
création d’un comité publication et données
création d’un entrepôt des données lorrain (DOREL)
Travail conjoint avec le réseau national animé par Isabelle Blanc, Administratrice ministérielle des données, des algorithmes et des codes sources (Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation)
une université toute seule ne peut pas porter une telle transformation d’où l’importance de mutualisation.
les équipes ont intégré cette démarche collective pour faire avancer ce sujet d’intérêt commun
compatibilité des dispositifs DOREL et recherche data gouv avec en vue une intégration complète pour 2024.
Isabelle Olivier (vice-présidente “Numérique”, université Grenoble-Alpes)
- mise en place commission science ouverte
- élaboration d’une charte science ouverte
- schéma directeur et cellule data Grenoble Alpes pour accompagner les labo qui s’appuient sur des référents (70% des labos ont un référent)
- échanges fructueux entre universités qui a conduit à la formation d’un réseau thématique
- UGA a fait le choix d’arrêter le déploiement de sa plateforme local pour rejoindre la projet national recherche data gouv
- choix fait de favoriser l’accompagnement des communautés de recherche par voie de la cellule
- choix récompensé par la labellisation Atelier de la donnée
Rémi Barillon (Vice-président Recherche, formation doctorale et sciences ouvertes, université de Strasbourg)
- Programme propre de science ouverte depuis plusieurs années et plateforme publication local interopérable avec HAL
- Tout ce qui avait été fait au niveau local a pu être valorisé
- lancement d’ateliers de la données labellisés
- l’aspect formation est important car les changement de pratiques en dépendent et permettra d’avancer dans l’interdisciplinarité par le partage de données entre disciplines
- sans les services de support à la recherche, ce travail ne sera pas possible
Sylvie Retailleau (ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation)
- Ambition forte pour la science ouverte depuis le premier plan national pour la science ouverte en 2018
- dans le cadre la PFUE
- conseil de la compétitivité de la recherche a voté à l’unanimité les conclusions de la science ouverte par 3 transformations :
- évaluation
- l’édition scientifique
- le multilinguisme
- obligation d’ouverture des données de la recherche publique (loi Rep Num 2016)
- garantir l’honorabilité et la reproductibilité pour une science de confiance
- la crainte d’être pillé est réelle dans certaines communautés
- l’ouverture permet une meilleur visibilité et un rayonnement augmenté
- l’ouverture est valable autant pour les recherches fructueuses que “infructueuses”
–> quelque chose que l’on pourrait apprendre à valoriser en termes d’évaluation - le ministère à pour ambition d’accompagner à cette transformation avec le 2ème PNSO
- stratégie de mutualisation des couts et des efforts
- s’articule avec la politique pour les données, codes sources et algorithmes
- répondre aux besoin d’accompagnement des chercheurs et des services aux équipes de recherche
- recherche data gouv formalise ce qui se faisait déjà dans certains établissement, mais fédère, structure et devient un point d’accès pour toute la recherche française
- faciliter l’appropriation par les ateliers de la données : 6 ateliers de la données déjà labellisés
- recherche data gouv offre un entrepôt à toutes les disciplines, surtout celles qui ne possèdent pas d’entrepôts thématiques
- GIS URFIST engagé dans les actions formation proposent aussi des parcours de compétences
- CNRS engage son expertise en diffusion de données de la recherche
- Recherche data gouv est une pierre angulaire de la stratégie national à vocation européenne